La Terre, petite planète, ayant diverses jumelles à travers l’univers. Les voyages, se faisant à la vitesse de la lumière, permettent de réduire le temps en transports. Ce qui est bien pratique pour déplacer un concours, en cas de force majeure.

« – Mesdames, messieurs, le jury déclare officiellement le concours du Sabre Laser ouvert. Suite à l’incident sur la planète Aldorande¹, le concours qui devait avoir lieu il y a quatre ans a du être repoussé. Le confinement de la moitié de la galaxie suite à l’épidémie de gastro-sinusite n'ayant pas aidé, le concours se déroule donc ici, maintenant, sur Terre. »

Le concours du Sabre Laser, célèbre pour ses démonstrations technologiques, est une véritable fête, se déroulant sur une dizaine de jours.
Organisé généralement sur Aldorande, cette dernière, détruite par un mégalomane portant un casque noir doté d’un respirateur cardiaque, fut décalée. Trouver une planète à même de supporter l’événement, les différentes équipes et leurs ingénieurs, ne fut pas une chose aisée. Il fallait qu’elle se situe en zone neutre, relativement éloignée, ne pas être en zone confinée, et facile d’accès via l’hyper espace.
Après plusieurs mois de discussions, la Terre fut choisie, par manque de choix. Éloignée de tout, ne disposant pas de réserve de carburant Supra-Luminique. Bref, une planète sans aucun intérêt à première vue, excepté qu’elle formait les meilleurs ingénieurs de l’univers, concernant les technologies vintages, plus particulièrement techno-punk.

Le concours du Sabre Laser ne porte pas en fait sur le plus beau sabre laser. À la base, c’était un défi lancé par deux fabricants de sabre laser, afin de déterminer lequel aurait les meilleures caractéristiques, basé sur différents critères. La technologie évoluant sans cesse, il n’est pas rare de voir des sabres basés sur des torches halogènes, cryogéniques ou autres gaz et plasma entropiques.

Le défi du découpage, se déroulant le dernier jour est le plus impressionnant à regarder.

« – Cette année, je me demande quel sera le défi du découpage.
– Lors de la dernière édition, c’était une porte en alliage Mithril-Adamantium-Titanium. Là, c’était du défi. C’était un ingénieur de la planète Balamak qui avait réussi à la découper au bout de six heures, non ?
– C’est vrai que ce fut long. Mais j’ai entendu dire que non seulement le jury mais aussi les ingénieurs se sont plaints auprès du comité organisateur, et que cette année, ça serait du gâteau².
– On verra bien. Sachant que dans ce défi, on peut voir des trucs complètement absurdes. Comme ce truc-là, par exemple. »

L’un des membres du jury, discutant avec l’une de ses collègues, désigna un étrange engin de plus de quatre mètres de haut, qui attendait sur une remorque. Une équipe d’ingénieurs à la peau verte³ s’occupait des derniers réglages.

Observant quelques instants d’autres machines alignées les unes derrière les autres, les deux membres du jury reprirent leur discussion.

« – a priori, les équipes ont pensé que ça serait un défi similaire à celui de la dernière fois. Sabre laser démesuré, lance-roquette à tête creuse, chalumeau perceur, taupe piqueuse.
– Si seulement iels savaient.
– Si seulement. En effet. Enfin, nous verrons bien. Il y aura peut-être une surprise. »

À ce moment, une sonnerie retentit, suivi d’une voix annonçant en plusieurs langues le début du défi du découpage.

La cible fut alors révélée.

Et ce fut le chaos.

Les équipes hurlaient.

Les spectateurs huaient les organisateurs.

Les équipes de sécurité furent déployées, et le jury appelait au calme.

Au bout de vingt minutes, une fois le calme revenu, les règles furent édictées.

La règle la plus absurde fut celle-ci : Découper dans le sens de la hauteur, l’un des buildings de trente étages, en moins de cinq minutes.

Face à l’absurdité, le jury proposa de laisser une heure⁴ aux équipes pour adapter leurs appareils, sabres, et machines.

Cette heure fut mise à profit, et les premières équipes s’avancèrent, confiantes.

Pendant les deux heures qui suivirent, on vit défiler divers sabres lasers, des canons, des taupes modifiées griffant dans le sens de la hauteur⁵. Personne ne réussit le défi dans le temps imparti. Peu d’échecs complets, mais la plupart ne parvinrent pas à découper plus de quinze étages.

Enfin vint la dernière machine.

Ne ressemblant à rien de connu, elle était portée par vingt ingénieurs. Douze ingénieurs étaient à la manœuvre. Ressemblant de loin à un drakkar qui aurait mangé une baleine en forme de cougar⁶, et mesurant plus de quatre mètres⁷, ce truc soufflait de la vapeur⁸. Au décompte, l’un des ingénieurs cria un ordre. Tous se tinrent prêt.

Au signal, la machine fut levée, pointant le ciel.

Les spectatrices et les spectateurs retinrent leurs souffle.

Après quelques secondes en équilibre, la machine, maintenue par les manœuvres descendit progressivement, sa pointe formant une flamme fine et élancée de plus de vingt mètres de long, léchant le toit de l’immeuble.

Au bout de dix secondes, le premier étage fut découpé. Le cinquième étage fut atteint au bout de trente secondes.

L’un des ingénieurs ne participant pas à la manœuvre expliqua rapidement.

« – Nous nous sommes basés sur d’anciennes technologies, celle précédant le sabre laser en fait. Nous avons étudié toutes les expérimentations qui furent faites par le passé, et nous sommes repartis sur le principe complètement dépassé du découpeur plasma. »

Cinq étages de plus furent découpés.

« – Imaginez que là, nous n’utilisons même pas un pourcent de la puissance maximale. Des capteurs volumétriques et télémétriques, couplés à des unités processeurs calculent en temps réel la puissance nécessaire pour la découpe. Si le matériau est léger, la puissance sera réduite. Si le matériau est dense, la puissance sera augmentée.
– Regardez ! »

La puissance fut augmentée, le building se faisant découper comme s’il était constitué de beurre.

Soudain, un cri.

« – Trop vite, ça descend trop vite, on ne pourra pas l’arrêter à temps ! »

La flamme lécha le sol.
La machine s’emballa.
Les éléments se fendirent.

Et la terre éclata !



¹ : Aussi appelée Alderaan.
² : The cake is a lie.
³ : Non, ce ne sont pas des gobelins, et non, ce n’est pas non plus une catapulte à vapeur.
⁴ : Pas plus. Sinon, le repas du soir risquerait d’être décalé.
⁵ : La taupe a simplement subi une rotation à 90 degrés, de manière à creuser verticalement et non plus horizontalement.
⁶ : Désolé, c’est vraiment impossible à décrire, ce truc…
⁷ : Le fameux « truc » vu par les deux membres du jury.
⁸ : Ou tout du moins, un truc s’en approchant.

J'ai mon début et la fin du prochain Et La Terre Éclata
Bon, la fin est tout ce qu'il y a de plus facile à écrire (boum).

𝘓𝘢 𝘵𝘦𝘳𝘳𝘦 𝘦𝘴𝘵 𝘶𝘯𝘦 𝘱𝘭𝘢𝘯𝘦̀𝘵𝘦 𝘯𝘶𝘮𝘦́𝘳𝘪𝘲𝘶𝘦, 𝘰𝘶̀ 𝘭𝘦𝘴 𝘪𝘯𝘧𝘰𝘳𝘮𝘢𝘵𝘪𝘰𝘯𝘴 𝘤𝘪𝘳𝘤𝘶𝘭𝘦𝘯𝘵 𝘵𝘳𝘦̀𝘴 𝘷𝘪𝘵𝘦. 𝘌𝘯 𝘦𝘧𝘧𝘦𝘤𝘵𝘶𝘢𝘯𝘵 𝘤𝘦𝘳𝘵𝘢𝘪𝘯𝘦𝘴 𝘮𝘢𝘯𝘪𝘱𝘴, 𝘰𝘯 𝘱𝘦𝘶𝘵 𝘤𝘰𝘮𝘮𝘦𝘵𝘵𝘳𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘦𝘳𝘳𝘦𝘶𝘳𝘴. 𝘊𝘦𝘱𝘦𝘯𝘥𝘢𝘯𝘵, 𝘱𝘢𝘴 𝘥𝘦 𝘱𝘢𝘯𝘪𝘲𝘶𝘦, 𝘰𝘯 𝘱𝘦𝘶𝘵, 𝘢̀ 𝘵𝘰𝘶𝘵𝘦 𝘩𝘦𝘶𝘳𝘦, 𝘳𝘦𝘷𝘦𝘯𝘪𝘳 𝘦𝘯 𝘢𝘳𝘳𝘪𝘦̀𝘳𝘦. 𝘘𝘶𝘦 𝘴𝘦 𝘱𝘢𝘴𝘴𝘦𝘳𝘢𝘪𝘵-𝘪𝘭 𝘴𝘪 𝘭𝘦 𝘳𝘢𝘤𝘤𝘰𝘶𝘳𝘤𝘪 𝘤𝘭𝘢𝘷𝘪𝘦𝘳, 𝘶𝘵𝘪𝘭𝘪𝘴𝘦́ 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘭𝘦 𝘮𝘰𝘯𝘥𝘦 𝘯𝘶𝘮𝘦́𝘳𝘪𝘲𝘶𝘦, 𝘱𝘰𝘶𝘷𝘢𝘪𝘵 𝘢𝘨𝘪𝘳 𝘴𝘶𝘳 𝘭𝘦 𝘮𝘰𝘯𝘥𝘦 𝘱𝘩𝘺𝘴𝘪𝘲𝘶𝘦 ?

La terre est une planète numérique, où les informations circulent très vite. En effectuant certaines manips, on peut commettre des erreurs. Cependant, pas de panique, on peut, à toute heure, revenir en arrière. Que se passerait-il si le raccourci clavier, utilisé dans le monde numérique, pouvait agir sur le monde physique ?

« — Descendons et allons sur le parking. Dites, c'est votre voiture, n'est-ce pas ?
— Oui, tout à fait. Mais qu'est-ce que vous faites avec ce marteau ? NON ! »

*Son d'un marteau cognant contre un grand truc métallique avec des reflets échotés de verre¹.*

« — Ah, bravo, maintenant, il y a une grosse bosse sur la carosserie, vous-êtes content hein ? Avouez-le.
— Pas de panique. Grâce à Contrôle ZēD, un petit appui, et hop ! Plus de bosse. »

*Son d'une touche enfoncée.*
*Son de baguette magique.*

« — Magique !
— Et on peut même revenir à l'étape d'avant. Et encore celle d'avant. Tenez, regardez cette épave.
— Nan mais dites-donc. Cette Uno est peut être vieille, mais là, c'est de la diffamation. »

*Plein de sons de touche enfoncée et de sabre laser².*

« — Plusieurs appuis sur Contrôle ZēD, et la revoilà comme neuve.
— C'est vraiment magique. On peut vraiment tout annuler ? Même la pollution ? Le réchauffement climatique ?
— C'est peut-être un objet semblant magique³ mais ce n'est pas une source de miracles. »

Prenant l'objet, un grand sourire aux lèvres.

« — Passez moi ça, je voudrais essayer. Est-ce qu'il y a une limite au nombre d'annulations ? Est-ce qu'il y a un bouton “Refaire” ou “Annuler l'annulation“ au cas où on aurait appuyé une fois de trop sur le Contrôle ZēD ?
— Non, pas de limite. Et pour le Contrôle I Grēc, on y réfléchit encore. Ce n'est pas aussi simple que cela puisse paraître.
— J'essaie. Si je fais un appui et que, oups. »

Le Contrôle ZēD tomba sur le sol, bouton en premier.

Le sol trembla.

« — Malheureux, vous êtes en train d'annuler »

Et La Terre Éclata !

--
¹ : *Bam !*
² : Il faut bien varier un peu
³ : “Any sufficiently advanced technology is indistinguishable from magic.” Arthur C. Clarke, "Profiles of The Future", 1961 (Clarke's third law).

L'épisode 8 de la saison 1 (la réunion) de reste l'un de mes préférés.
-> boum.studiotjp.com/

« — Michaël, tu en es où dans l’écriture des scénarios pour la prochaine saison de Et La Terre Éclata ?
— Ben en fait, tous les épisodes étaient écrits, mais ils ont été éparpillés par petits bouts, façon puzzle quand la terre a éclaté.
— Elle a éclaté comment cette fois-ci ?
— Bêtement, François, vraiment bêtement. Il faudra demander à Alex, qui en sait plus à ce sujet. »

𝘓𝘢 𝘵𝘦𝘳𝘳𝘦, 𝘱𝘦𝘵𝘪𝘵𝘦 𝘱𝘭𝘢𝘯𝘦̀𝘵𝘦 𝘴𝘱𝘩𝘦́𝘳𝘰𝘪̈𝘥𝘦, 𝘤𝘰𝘶𝘷𝘦𝘳𝘵𝘦 𝘥𝘦 𝘵𝘰𝘯𝘴 𝘷𝘦𝘳𝘵𝘴 𝘦𝘵 𝘣𝘭𝘦𝘶, 𝘴𝘦 𝘥𝘦́𝘱𝘭𝘢𝘤𝘦 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘭’𝘶𝘯𝘪𝘷𝘦𝘳𝘴. 𝘓𝘦𝘴 𝘩𝘢𝘣𝘪𝘵𝘢𝘯𝘵𝘴 𝘥𝘦 𝘤𝘦𝘵𝘵𝘦 𝘱𝘦𝘵𝘪𝘵𝘦 𝘱𝘭𝘢𝘯𝘦̀𝘵𝘦, 𝘱𝘦𝘵𝘪𝘵𝘴 𝘣𝘪𝘱𝘦̀𝘥𝘦𝘴, 𝘴𝘰𝘯𝘵 𝘱𝘢𝘴𝘴𝘪𝘰𝘯𝘯𝘦́𝘴 𝘥𝘦 𝘱𝘦𝘵𝘪𝘵𝘦𝘴 𝘴𝘱𝘩𝘦̀𝘳𝘦𝘴. 𝘚𝘱𝘩𝘦̀𝘳𝘦𝘴, 𝘥𝘦 𝘥𝘪𝘧𝘧𝘦́𝘳𝘦𝘯𝘵𝘦𝘴 𝘵𝘢𝘪𝘭𝘭𝘦𝘴, 𝘶𝘵𝘪𝘭𝘪𝘴𝘦́𝘦𝘴 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘥𝘪𝘧𝘧𝘦́𝘳𝘦𝘯𝘵𝘴 𝘥𝘰𝘮𝘢𝘪𝘯𝘦𝘴, 𝘥𝘰𝘯𝘵 𝘥𝘦𝘴 𝘢𝘤𝘵𝘪𝘷𝘪𝘵𝘦́𝘴 𝘢𝘱𝘱𝘦𝘭𝘦́𝘦𝘴 𝘴𝘱𝘰𝘳𝘵𝘪𝘷𝘦𝘴. 𝘊𝘦𝘱𝘦𝘯𝘥𝘢𝘯𝘵, 𝘶𝘯𝘦 𝘱𝘦𝘵𝘪𝘵𝘦 𝘴𝘱𝘩𝘦̀𝘳𝘦 𝘴𝘦𝘮𝘣𝘭𝘢𝘪𝘵 𝘥𝘪𝘧𝘧𝘦́𝘳𝘦𝘯𝘵𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘢𝘶𝘵𝘳𝘦𝘴.

Club de football, mercredi en début d’après-midi.

« — C’est bon pour l’échauffement. Après les étirements, prenez les ballons et groupez-vous par deux. Faites une série de passes pendant dix minutes.
— Coach ! Pourquoi ne pas nous apprendre des techniques ? Ça fait cinq semaines d’affilée qu’on ne fait que des trucs de base.
— Bases que vous ne maîtrisez pas. Tant que la balle n’est pas maîtrisée, tant qu’elle ne part pas dans la direction désirée, cela ne sert à rien d’apprendre autre chose. On pourra varier un peu les exercices dans l’après-midi. »

Avec divers grognements et râlements, les gamins suivirent néanmoins les consignes.
« — Coach ! Il y a un problème avec ce ballon. Il rebondit mal.
— Montre-moi. »

Prenant le ballon, l’entraîneur s’aperçut qu’il était légèrement dégonflé.

« — Oh, c’est rien, ça. Un instant. »

Revenant quelques secondes plus tard avec une pompe à pied, il expliqua.

« — Ça perd de l’air régulièrement, il faut juste penser à les regonfler. »

Tournant le ballon dans tous les sens

« — Normalement, la pression pour le gonflage doit être marquée à côté de la valve. Ah, voilà. 0,3 bar. »

Prenant la pipette à huile.

« — Toujours huiler avant d’insérer l’aiguille, sinon ça risque d’endommager la valve. »

Après avoir versé une goutte d’huile au niveau de la valve, puis inséré l’aiguille, l’entraîneur lut la valeur affichée par le manomètre.

« — En effet, 0,1 bar. Bon, on va regonfler. »

Avec la pompe, il regonfla le ballon, en dépassant très légèrement la valeur indiquée.

« — Je dépasse toujours un peu, pour tenir compte de l’air qui va s’échapper quand je retirerai l’aiguille. »

Après avoir retiré l’aiguille et essuyé le ballon pour retirer les traces d’huile, il redonna le ballon. Tout cela n’avait pris que deux minutes.

« — Coach, il se passe quoi si on dépasse 0,3 bar ?

— Le ballon éclate, mais il faut vraiment y aller au niveau pression. La valeur indiquée, c’est pour pouvoir jouer convenablement. Si on dépasse, le ballon est trop dur et rend le jeu plus difficile et fatigue plus rapidement. Sans compter les douleurs au niveau des pieds, cheville et jambes. »

L’entraînement continua.

Dans l’espace, le Gonfleur Stellaire faisait le tour des planètes. Cette entité se promenait parmi les systèmes solaires, étant assigné à une galaxie en particulier. Les planètes nécessitaient peu d’entretien. Un peu de graisse de mammouth pour la rotation, un petit regonflage tous les cinquante mille ans. Ce qui s’appelait alors la révision des cinquante-mille.
Après avoir constaté que Jupiter et Mars étaient en bon état, l’entité s’approcha de la terre. Constatant sa forme patatoïde, il décida de s’en occuper.

« — Et bien, elle est devenue vachement poussiéreuse celle-là. Je ne sais pas qui s’occupe de l’entretien, mais il faudra que je lui dise qu’une fois le chiffon passé, il ne faut pas le secouer autour de la planète, sinon la poussière gravite tout autour. »

Maugréant le chargé d’entretien, le Gonfleur Stellaire tourna tout autour.

« — Pas moyen de retrouver la valve. Ah, voilà un trou. Bizarre, il n’est pas à la place habituelle. Et bien entendu, aucune indication pour la pression. Je suppose que c’est la pression habituelle. »

Une fois le compresseur portatif mis en route, il commença le gonflage. Soudain, son téléphone vibra.

« — Allô ? Ah, c’est vous le chargé d’entretien ? Ça tombe bien. »

Ne prêtant plus attention au manomètre, l’entité sortit un petit carnet et un crayon.

« Non, je suis en retard au niveau du planning. Comment ? Grâce à vous pardi. Vous n’imaginez pas le temps que vous me faites perdre. Tenez, là, la planète que je suis en train de regonfler, vous n’avez même pas idée de la quantité de poussière qu’il y a tout autour. Comment ça, vous n’êtes pas venu dans cette zone depuis deux mille ans ? Et la poussière, elle vient d’où alors ? »

S’énervant au téléphone, le Gonfleur Stellaire ne vit pas l’aiguille du manomètre dépasser la zone rouge.

Et La Terre Éclata.

Il y a quand même un gros avantage avec les : la fin est facile à écrire.

Afficher le fil de discussion

La terre, c'est un ballon de foot. Il faut regonfler régulièrement sinon elle devient plate.
Et si on la gonfle trop, elle peut écla
OH WAIT
J'ai mon idée pour le prochain Et La Terre Éclata

La Terre est une planète couverte d’eau, de terres et de nuages. Au centre de la terre, une source de chaleur quasiment illimitée.

Un peu partout, des volcans, en activité ou non, plus ou moins reliés au centre, forment des puits de chaleur.

Des chercheurs ont tenté de voyager au centre de la terre, mais n’y sont jamais arrivés, à cause de la chaleur.

Durant l’Ère victorienne, un inventeur eut une idée chaleureuse.

Tenant un globe entre ses mains, il se demandait s’il était possible d’exploiter cette énergie plutôt que le charbon, qui produisait beaucoup de suie.

En injectant de l’eau dans des puits, à certains points sur le globe, plus besoin de charbon pour produire de la vapeur. Celle-ci serait directement exploitable pour l’industrie. Et en la condensant dans des cuves, par exemple, en la refroidissant, celle-ci serait de nouveau exploitable en la réchauffant.

S’entourant de quelques financiers, les fonds furent débloqués rapidement. Pensez donc, une nouvelle source d’énergie, cela annoncerait une nouvelle révolution industrielle. Donc d’énormes gains à prévoir.

La première problématique rencontrée fut la production des tubes pour véhiculer la vapeur sur de grandes distances. Pour cela, de nouveaux alliages de métaux furent produits, afin de mieux résister à la chaleur et à la pression tout en minimisant les pertes.
La seconde problématique fut le creusement des puits, sur de grandes profondeurs. S’inspirant des technologies utilisées dans les mines de charbon, le fonçage des puits put se faire, sauf dans certaines régions riches en roche granitique, où l’utilisation de la dynamite, inventée peu de temps avant, s’avéra nécessaire.

Une fois ces problèmes réglés, les travaux avançaient bon train.
Un an plus tard, tout était fonctionnel, les pompes à eau, destinées à acheminer l’eau dans les puits à chaleur furent les premières à bénéficier de cette source d’énergie. D’énormes flèches, gravées sur les tuyaux, indiquaient le sens de circulation, eau en entrée, vapeur en sortie. L’acheminement en eau était contrôlé de manière stricte, une trop grande quantité d’eau se changeant en vapeur pouvant être catastrophique, la vapeur occupant un volume bien supérieur par rapport à l’élément liquide.

Un réseau d’acheminement de vapeur fut rapidement déployé, de manière à ce que toute l’industrie, mais également les particuliers fortunés puissent en bénéficier, notamment pour le chauffage ou la production d’eau chaude.

La consommation de charbon allant en diminuant, n’étant utilisé plus qu’exclusivement pour la métallurgie, la pollution et les nuages de fumée noirs diminuèrent. Cependant, l’excédent de chaleur provoqua rapidement un réchauffement climatique, la vapeur d’eau excessive se transformant en nuages, les pluies chaudes se firent de plus en plus fréquentes.
Lentement, le niveau des mers monta, et l’une des arrivées d’eau, moins surveillée que les autres, fut rapidement noyée.

Une quantité faramineuse d’eau fut envoyée dans le sous-sol de la terre, le volume de vapeur augmenta de façon exponentielle, disloquant tout sur son passage.

Et La Terre Éclata.


Je ne passe pas mon temps à faire éclater la terre¹. Parfois, j'envoie des chaises dans l'espace² 😃

¹ : 
² : 

Ça serait marrant de faire un Et La Terre Éclata avec ça d'ailleurs 😄

Afficher le fil de discussion

La terre, 3e planète du système solaire. Petite planète, surpeuplée par de petits appareils demandant à être mis à jour régulièrement. Un certain créateur de logiciel proposa l’idée de faire les mises à jour une fois par mois, un jour particulier. Ce créateur était-il inspiré de ce qui existait déjà et qui était effectué régulièrement ? Nul ne le saura.

« — Cette fois, c’est terminé. »
Alex, une fois le dernier appareil mis à jour, fut satisfaite. Elle effectuait cette opération régulièrement, les différents appareils exigeaient une maintenance mensuelle afin de rester opérationnels.
« — Le dernier truc à mettre à jour, c’est la Terre. Vaste affaire. Heureusement que ce n’est pas mon tour cette fois-ci. »
Satisfaite, cette opératrice s’en alla dormir.
Son coéquipier, habitué, devait s’occuper de la mise à jour. La Terre nécessitait en effet des mises à jour régulière, non pas pour régler correctement les saisons, ça, c’est Gaïa qui s’en occupait, mais plutôt pour corriger de petites trajectoires¹, ajouter la vitesse de rotation, contrôler la force de Coriolis, et deux trois autres trucs du même genre.
Jean arriva en avance, regarda ses écrans de contrôle, et sorti le cahier réglementaire d’opération de maintenance. Tout devait y être consigné. Constatant qu’il ne restait qu’une demi-page vide à la fin du cahier, il prit un nouveau cahier, nota la référence de l’ancien à l’emplacement prévu sur le nouveau, barra la demi-page vide de l’ancien, et nota la référence du nouveau cahier sur l’ancien cahier. Cet acte, semblant rébarbatif au premier abord, était une exigence de la personne ayant fiabilisé toutes les opérations. Cela permettait d’avoir une traçabilité, certes, imparfaite, mais nettement plus fiable que de simples rapports oraux ou tenant sur une feuille volante.
Reprenant l’ancien cahier, Jean relu les dernières pages, afin de s’informer d’éventuels problèmes s’étant déroulés ces derniers mois. 𝘢 𝘱𝘳𝘪𝘰𝘳𝘪, rien d’anormal.
Soudain, il se rappela.
« — Au fait, c’est pas aujourd’hui que le nouvel employé devrait arriver ? »
Pris d’un doute, il se rendit au secrétariat. En posant la question à Monique, Jean eut la confirmation.
« — Dominique vient d’arriver. Il vient de recevoir son badge à l’accueil.
— Très bien, je vais aller le chercher, j’ai peur qu’il ne se perde dans ce dédale de couloirs si jamais il se déplaçait seul. »
Jean se rappela de son arrivée, du nombre de fois où il se perdit dans ce labyrinthe, et il espérait à chaque fois de ne pas se retrouver face à un minotaure. Heureusement que ce n’était pas un labyrinthe en rhizome².
Quelques minutes plus tard, Jean retrouva Dominique. Il n’avait pas bougé de l’accueil. L’hôtesse lui ayant déconseillé de sortir de la pièce.
« — Bonjour Dominique. Prêt pour cette journée ?
— Bonjour Jean. Alex n’est pas là aujourd’hui ?
— Non, elle vient de finir sa journée. Elle est en repos jusqu’à la semaine prochaine.
— D’accord.
— Vous connaissez les lieux ?
— Oui, je fus accompagné par deux personnes, dont j’ai malheureusement oublié les noms. Je pense avoir retenu l’essentiel, comme la salle de contrôle, le secrétariat, l’accueil, la salle de repos, les toilettes et où se trouvait la machine à café³.
— Parfait alors. »
Discutant de choses et d’autres, les deux techniciens arrivèrent devant la lourde porte blindée. Derrière cette porte, se trouvait la salle de contrôle, dont l’accès était non seulement réglementé, mais également protégé.
Une fois entrés, Dominique remarqua un poster étrange accroché au mur. Il s’en approcha.
« — Ça, c’est un arbre de Porphyre. Dessus est détaillé toutes les opérations de maintenance pouvant être faites. Certes, la représentation peut paraître bizarre pour quelqu’un habitué à un diagramme d’activité ou à un arbre binaire, mais on s’y fait vite. » Une fois l’explication donnée, Jean s’éloigna. Dominique le rejoignit peu après.
« — Savez-vous ce que nous effectuons ici, Dominique ?
— Vaguement. On m’a expliqué lors du recrutement et lors de la visite, dans cette pièce, on effectue les différents ajustements de la trajectoire terrestre.
— C’est un bon résumé. Il y a d’autres ajustements et vérifications qui sont également faites. Vous avez une formation de géologue, je crois.
— Oui. J’ai effectué un changement de branche, parce que la mécanique quantique et tout le bagage technique pour être physicien me dépassait complètement. J’ai toutefois validé ma première année.
— Donc, ça devrait aller pour les bases. Avez-vous des connaissances en informatique ?
— J’étais le président du club info à la fac. Même si je n’étais pas le meilleur, je me débrouille pas trop mal.
— OK. On peut donc commencer. »
Sur ces mots, Jean avança vers le pupitre, quand soudain, son pied percuta quelque chose. Une petite boîte noire effectua un petit vol d’une cinquantaine de centimètres.
« — Le contrôleur est encore tombé ? Combien de fois faudra-t-il le signaler à l’équipe de maintenance que la patte de maintien en plastique est trop fragile et qu’à chaque secousse tellurique⁴, le boîtier tombe. »
Se baissant, Dominique constata en effet les pattes cassées.
« — Pourquoi ne pas l’avoir fixé sur un rail métallique ?
— Ça, ça a déjà été suggéré, mais on nous a dit que ça pouvait provoquer des parasites. »
Jean reprit le cahier réglementaire d’opération de maintenance.
Dominique lut ce que Jean écrivait.
« — Problème rencontré : boîtier de contrôle encore au sol. Dépannage accidentel via la méthode de hypoaristerolactothérapie. »
Face au regard interrogateur de Dominique, Jean répondit :
« — Ne faites pas attention à ça, les techniciens comprendront.
— Si vous le dites. Du coup, est-ce qu’il faut rebrancher ce boîtier ? Parce que là, les fils pendent. »
Avant que Jean ne se baissât, Dominique avait déjà pris le boîtier en main et se glissa sous le bureau.
« — C’est plutôt sombre là-dessous, mais ça devrait aller. Là, c’est bon, c’est rebranché. »
Regardant les voyants, Jean constata que l’un d’entre eux était rouge.
« — Non, il y en a deux d’inversés. Ah, là c’est bon, ne touchez plus à rien. »
Se relevant, Dominique vit également que tous les voyants étaient au vert.
« — Cela permet d’éviter tout problème. À la moindre anomalie, tout doit être interrompu et le plan d’annulation doit être suivi, afin d’éviter toute catastrophe. »
Jean, posant ses mains sur le clavier, regarda l’écran de contrôle. Faisant défiler le contenu de deux fenêtres, il déclara
« — La maintenance d’aujourd’hui sera simple. Une légère réduction de la vitesse de rotation devrait suffire pour corriger la force de Coriolis. Je vous montre comment faire en mode simulation, puis avant de le faire pour de vrai, refaites la même manipulation en mode simulation.
— Très bien. Montrez-moi comment faire. »
La manipulation fut effectuée deux fois, une fois par Jean, l’autre fois par Dominique. Aucun problème ne survint.
Au moment de valider la manipulation pour de vrai, le boîtier de contrôle effectua une mise à jour automatique, et désactiva toutes les sécurités. Constatant le voyant passer au rouge, Dominique ne valida pas l’opération et se baissa.
« — Aurais-je mal fixé un câble ? »
Débranchant et rebranchant tous les câbles, deux par deux, Dominique inversa par accident deux câbles. La mise à jour fut interrompue, le voyant indiquant le défaut repassa au vert, puis clignota. Vert, rouge, vert, rouge…
Jean contrôla tous les paramètres, ne constata pas de défaut. Pendant ce temps, le boîtier de contrôle effectuait sa mise à jour.
Après quelques minutes, et ne voyant pas le voyant repasser au vert, Jean pensa que la carte dans le boîtier était endommagée.
L’écriture de ce problème dans le cahier réglementaire d’opération de maintenance prit un peu de temps, le boîtier pu terminer sa mise à jour. Le voyant cessa de clignoter et resta sur le rouge.
Jean déclara :
« — bon passons outre ce défaut, vous pouvez lancer l’opération. ».
Dominique acquiesça, et appuya sur la touche « Entrée ».
Suite au mauvais fonctionnement, combiné à une mise à jour automatique non planifiée, et l’inversion de câbles sur le contrôleur, l’ordre de rotation dans le sens inverse fut envoyé à la Terre.
Et La Terre Éclata !


¹ : Pas besoin de fusées placées à l’envers et pilotées par d’antiques Pentium I.
² : Ce type de labyrinthe change sans cesse de forme. Cependant, si on sait où on va, il n’y a aucune chance de s’y perdre.
³ : Probablement le truc le plus important à savoir dans toute entreprise : où se situe la machine à café.
⁴ : J’avais tapé « sismique », mais Grammalecte me proposa « tellurique ». NDLA.

Pour la prochaine fiction du mercredi, ça sera peut être un Et La Terre Éclata ; j'ai deux idées mais incompatibles. Si j'en choisis une, je n'ai que peu de temps pour écrire l'histoire.
Bon, point positif, je connais déjà la fin 😃

Tiens, ça serait marrant ça : la terre éclate à cause d'une mise à jour qui a foiré et qui a provoqué la rotation à l'envers, de force, sans arrêter la rotation initiale de la terre.

Déplier

@chibi[N]ah🇫🇷✅ recommande :

Mastodon

Le réseau social de l'avenir : Pas d'annonces, pas de surveillance institutionnelle, conception éthique et décentralisation ! Possédez vos données avec Mastodon !